lundi 27 juillet 2009, 09:46
Léandre Létoquart Raconte (12) Première Partie : "de la première gaillette" à 36 Chapitre 1 : "Le Parti Ouvrier conquiert la mairie"...
LA PROVOCATION
La bourgeoisie, les compagnies minières, et ajoutons BASLY et LAMENDIN, n’ont pas vu d’un bon œil le leader du P.O.F. dans le Bassin Minier conquérir la mairie d’AVION, ville limitrophe de LENS et de LIEVIN gérées par les réformistes. La jeune « agglomération » du Bassin Houiller du Pas-de-Calais (P.O.F.), créée le 15 septembre 1900, à l’initiative de la section d’AVION, progresse rapidement : de 250 adhérents à sa création, elle passe à 1 600 en septembre 1901. C’est alors qu’un scandale vient éclabousser la municipalité d’AVION et briser l’essor du P.O.F. En juin 1901, le secrétaire de mairie, MORANGE, envoyé à AVION par Jules GUESDE, et le maire, Octave DELCOURT, sont impliqués dans la constitution d’une société financière pour l’éclairage au gaz. Cette affaire est très embrouillée. Il apparaît que l’administration municipale, manquant d’expérience, a fait preuve d’une confiance naïve à l’égard du concessionnaire. D’autre part, le Préfet informé a laissé se développer d’une façon délibérée cette affaire sans manifester d’observations et de mise en garde, l’occasion étant trop belle pour discréditer les guesdistes d’AVION. L’heure arrivée, le Parquet d’ARRAS porte plainte. NORANGE et DELCOURT sont inculpés pour infraction à la loi de 1867 sur les sociétés. En effet, ils ont fait publier une émission d’actions avec intérêt de 5% et laissé dire que le projet de la mairie comportant une garantie d’intérêt par la commune était approuvé par le Préfet. En fait, il apparaît que le Préfet n’avait pas encore approuvé la délibération et, qu’en toute bonne foi, se référant aux promesses d’approbation faites par la Préfecture, NORANGE et DELCOURT ont lancé prématurément l’offre publique d’actions. Il n’en faut pas plus pour que la justice de classe jette en prison ces deux militants ouvriers. NORANGE est arrêté préventivement le 29 juin ; il est remis en liberté provisoire le 19 août. Octave DELCOURT est arrêté préventivement le 4 juillet, puis est remis en liberté provisoire le 2 août. Cette arrestation va créer une profonde émotion dans la population Avionnaise et dans le Bassin Minier. Des manifestations, des réunions ont lieu. La presse se saisit de l’affaire. Le 2 août, lors de sa libération provisoire, Octave DELCOURT est acclamé par la population d’AVION. Le 8 octobre 1901, le Président de la République, Emile LOUBET, sur proposition du Ministre de l’Intérieur, Waldeck ROUSSEAU, décrète dans un article unique : « Monsieur DELCOURT, maire de la Commune d’AVION (Pas-de-Calais) est révoqué de ses fonctions ». Octave DELCOURT et NORANGE sont jugés le 19 novembre 1901 par le Tribunal d’ARRAS et condamnés chacun à trois mois de prison. Ils font appel contre ce jugement. La Cour de DOUAI, par un arrêt en date du 15 janvier 1902, ramène la peine à un mois de prison. Ce jugement crée alors une situation pour le moins burlesque et bien compliquée pour les autorités judiciaires. En ce qui concerne NORANGE, sa peine est accomplie lors de sa prévention qui a duré plus d’un mois. Il n’en est pas de même pour Octave DELCOURT. Il a té incarcéré préventivement trente jours. Il lui faut accomplir une journée supplémentaire pour être quitte. Il est intéressant de prendre connaissance de la lettre que le Procureur Général près de la Cour d’Appel de DOUAI adresse, à ce sujet, au Ministre de la Justice, Garde des Sceaux.
Section communiste du PCF Avion

Alain BOCQUET dépose une proposition de loi visant à affecter
les dividendes des entreprises à la garantie de l’intégralité
des salaires des salariés subissant des périodes de chômage partiel.
Pour soutenir le projet de loi d'Alain Bocquet

