vendredi 19 mars 2010, 10:00
L'après élection, le temps de l'analyse.
Les derniers ingrédients d'une crise systémique viennent de nous apparaître au grand jour. La récession après avoir été économique est maintenant politique et démocratique. Le triste vainqueur de ce scrutin régional 2010 est l'abstention et son cortège de résignation. Les années de matraquage médiatique de médias lisses et vendus au grand capital, la dictature du bipartisme anglo-saxon, tsunami manichéen qui ravage l'ensemble des modèles politiques, les divisions semées par les dominants sur les dominés mettant face à face sur le ring des intérêts financiers le privé contre le public, le christianisme contre l'islam, le bon salarié qui se lève tôt contre le chômeur oisif, les scandales politico-financiers se multipliant, voilà ce qui dimanche nous offre un spectacle des plus tragique. Le vent glacial qui annonce la tempête sociale et politique cristallise les peurs et souffle sur la flamme de la lutte et de la soif de changement qui s'éteint presque entièrement.
Le pendant réactionnaire de tout cela s'est également manifesté dimanche. Le Front National, cette charogne politique qui pue la haine, la bêtise et les dangereuses frustrations sociales s'est réveillée. Le pas cadencé du père et de la fille marche sur les bourgeons printaniers de la révolte. L'extrême droite se nourrit du terreau fertile de la crise et fait tourner à plein régime démagogie et diabolisation. On ne peut que vomir sur ce condensé de haine de l'autre et d'idiotie et souhaiter très vite le sursaut humaniste et républicain de nos concitoyens. Ne tombons pas dans le piège, l'histoire nous a assez enseignés à quel point cette pente est glissante. C'est un ravin qui nous attend en bas où les cadavres de la démocratie, de la République, de la solidarité, de la fraternité s'entassent les uns sur les autres.
L'autre enseignement de dimanche, c'est le mécanisme du peuple de gauche de plébisciter le Parti Socialiste et ses amis qui, une fois de plus, n'a pas failli. On peut aisément comprendre le geste, on peut l'expliquer. On le sait, le PS c'est mieux que la droite. Le PS, c'est la seule force de gauche qui est en capacité de gagner contre la droite. On s'en méfie quand même des « socialos ». Après tout, ils ont été au pouvoir. Les choses n'ont pas beaucoup changé. C'était mieux quand même. C'est sans conviction mais dimanche je préfère voter pour eux. Voilà en substance ce que la majorité des françaises et des français qui ont voté pour eux ont pu se dire dimanche. Triste perspective... C'est ce que tout bon politologue appelle poliment le vote utile.
Un mot sur Europe écologie. Ce cartel de libéraux labellisés «j'aime les futurs marchés croustillants de l'industrie verte » est une farce politique. Aujourd'hui rejoint par Corinne Lepage qui aura vraiment tapé à toutes les portes, Europe écologie surfe sur la vague de la fausse bonne conscience petite bourgeoise. Sans contenu politique qui cimente cette belle brochette de personnalités à la soif reconnue d'intérêts personnels et de besoin d'exister, elle pollue complètement le paysage politique à gauche. L'illusion politique va vite se transformer en impasse. L'instantanéité, drogue quotidienne de nos sociétés, viendra rappeler bien vite Europe écologie à la réalité. Les caméras vont s'éteindre; circulez y a plus rien à voir.
Il est temps de conclure et de défendre un peu les nôtres. Le Front de Gauche existe, le Front de Gauche construit. Le Nord-Pas-de-Calais, l'Auvergne, le Limousin, la Corse. Le Front de Gauche y fait des scores prometteurs. Ailleurs aussi on construit. Il faudra plus de temps. Des mois de campagne, des centaines de réunions publiques, des dizaines de meetings, des rencontres avec les travailleurs, une présence quotidienne à la raffinerie des Flandres à Dunkerque, des contenus politiques forts, des listes qui rassemblent et qui ressemblent, métissées, combatives, ouvertes au monde du travail, de la création et de la culture. Quelque chose de nouveau, quelque chose de beau est en train de naitre. Il faudra du travail, de la patience, de la modestie et du courage. L'avenir se joue dans nos rangs. Il ne s'agit nullement de prétention mal placée. C'est juste que la base de notre commun combat est juste. L'heure est à imaginer ce qui doit succéder au capitalisme. L'idée du dépassement pour construire la société de l'humain. C'est « l'humain d'abord ». Le slogan est à la hauteur de nos aspirations. Tout est à construire. Ça commence aujourd'hui...
Terminons pour faire taire par avance les mauvaises langues qui dénonceront notre opportunisme en disant à qui veut l'entendre que nous vendons une fois de plus notre âme au diable. Oui nous faisons alliance presque partout avec le PS et Europe écologie pour le second tour. Être révolutionnaire ça n'est pas cultiver l'irresponsabilité. La droite et l'extrême droite sont là. Le PCF a toujours joué la carte de l'union pour battre droite et extrême droite. Une fois encore c'est dans cet état d'esprit que nous avons travaillé à nous rassembler. Se rassembler ça n'est pas piétiner ses convictions. Et puis franchement, des élus communistes, des élus du Front de Gauche, c'est s'assurer qu'une voix différente retentisse au sein des hémicycles. Qu'ils soient d'ailleurs nationaux, européens ou régionaux. C'est la voix des travailleurs, des laissés pour compte, des artistes, de la colère et de la lutte.
« Là où il y a une volonté, il y a un chemin ». C'est là tout le sens de notre combat. A nous de savoir le faire partager. C'est notre lutte quotidienne.
Section Communiste du PCF Avion.

Alain BOCQUET dépose une proposition de loi visant à affecter
les dividendes des entreprises à la garantie de l’intégralité
des salaires des salariés subissant des périodes de chômage partiel.
Pour soutenir le projet de loi d'Alain Bocquet

