mardi 21 juillet 2009, 14:29
Léandre Létoquart Raconte (11) Première Partie : "de la première gaillette" à 36 Chapitre 1 : "Le Parti Ouvrier conquiert la mairie"...
Avion se donne une municipalité ouvrière

Les uns et les autres s’efforcent d’accroître à leur profit la division des socialistes. Leurs efforts sont vains et, contrairement aux prévisions, l’union entre DELCOURT et POULAIN se réalise. La liste est, en conséquence, présentée par le Parti Ouvrier Français et la Ligue Socialiste. Voici le nom des candidats et le nombre de voix obtenues : Octave DELCOURT 635 voix élu, Charles-Louis DEMAILLY 612 élu, Numa LEROUX 615 élu, Xavier BARBIER 607 élu, Arthur CAUDRON 589 élu, Augustin CREPIN 609 élu, Aimé GUFFROY 616 élu, Charles LAFORGE 605 élu, Jules LUTON 612 élu, Emile LOGEZ 598 élu, Adolphe MATTEZ 569 élu, Louis MOREZ 588 élu, Georges MONTREUIL 592 élu, Louis NOREUIL 569 élu, Henri PINCHON 582 élu, Alfred POULAIN 591 élu, Alphonse THOBOIS 601 élu, Joseph WAAST 589 élu, Théophile WAGUET 583 élu, François WATRELOT 612 élu. La liste républicaine démocratique est conduite par le maire sortant. Voici le nom des candidats et le nombre de voix obtenues : Louis VIREL 461 voix, Adrien DUFRESNE 457, Hippolyte GUFFROY 454, Gérard LEFEBVRE 469, François RUCART 467, Léonce WILLERVAL 462, Alphone BREUVAL 427, Victor BUCHET 436, Bernadin DELILLE 440, Augustin DELMOTTE 445, Valentin DEPRET 443, François BECQUE 411, Louis FAUCQUEUR 436, François LEGRAND 453, Louis dit Calixte LEPAGNOT 440, Joseph LHOMME 452, César LIMBOURG 412, Charles MANIEZ 448, Fidèle MANIEZ 456, Jules RICHARD 417. Il y a une section de vote à la cité des Cheminots intitulée « AVION LA CITE ». Dans cette section, ce sont les deux candidats de droite DENGREVILLE et PONCHE qui seront élus.
La liste du maire sortant a présenté, dans une profession de foi, un compte-rendu bien modeste de son mandat en insistant sur sa difficulté à faire plus. Dans ce texte, le maire sortant flatte « l’ouvrier », « les travailleurs », les « familles ouvrières ». Il est vrai qu’AVION est devenue, dès 1900, une ville à dominante ouvrière. La profession de foi de la liste du P.O.F, conduite par Octave DELCOURT, est inspirée par l’idéologie guesdiste. Elle annonce clairement ses options politiques. Qu’on en juge :
''La classe ouvrière, organisée en parti politique, vous présente une liste composée de camarades adhérents soit au Parti Ouvrier Français, soit à la Ligue Socialiste, pour la conquête des pouvoirs municipaux. Pour hâter l’écrasement de la réaction qui nous a trop dominés à AVION, nous aurions pu, par une réunion immédiate de toutes les forces démocratiques, vous présenter une liste de concentration républicaine-socialiste, mais dans une élection, même municipale, il y a aussi en cause la question politique et surtout la question sociale. Tout parti a ses conceptions propres et un idéal au point de vue politique et économique, c’est pourquoi, Citoyens, il convenait au parti des travailleurs de vous présenter une liste répondant à ses aspirations, et de ce fait permettre au suffrage universel de manifester sans équivoque sa volonté et ses préférences.''
Pour mieux comprendre le contenu de classe de cette profession de foi, il faut se référer à la motion qui avait été adoptée peu de temps après les élections de mai 1900 par le XVIIIème Congrès du P.O.F., siégeant à IVRY les 20 et 21 septembre 1900. Cette motion, intitulée « socialisme communal », mettait en garde contre le « municipalisme » qui était de mise dans les municipalités dirigées par les réformistes. Elle mettait évidence les limites de la gestion municipale et appelait à réagir contre tout glissement opportuniste en ce domaine. Ainsi donc, le 6 mai 1900 est-il une date à retenir dans l’histoire locale. Pour la première fois, la ville d’AVION est gérée par une municipalité ouvrière et dirigée par un maire ouvrier, Octave DELCOURT. __Le 26 décembre 1891, Jules GUESDE écrit dans « Le Socialiste » : « Nous ne faisons pas d’illusions sur le pouvoir communal... mais les municipalités conquises par le Parti Ouvrier seront autant de positions enlevées à la classe capitaliste, affaiblie d’autant. Elles constitueront autant de bases d’opérations pour nos luttes ultérieures. A une condition : c’est qu’une fois entre nos mains nous soyons en mesure de les conserver ».__ Octave DELCOURT, jusqu’à sa mort en 1919, conserve la municipalité à la classe ouvrière Avionnaise. La conquête de la municipalité n’atténue ni les luttes ouvrières, ni les divergences entre les baslycots et les guesdistes. C’est en fait sur le plan syndical que la lutte se joue réellement. Les trois grandes grèves, de 1901 à 1902, voient s’affronter les deux clans. Le P.O.F., pousse à la grève et s’efforce d’en recueillir les fruits, tandis que les chefs syndicaux freinent l’action et n’hésitent pas à la faire avorter en essayant de faire porter l’échec de la grève aux guesdistes et au Jeune Syndicat. D’ailleurs, cette tactique réussit et si DELCOURT voit, lors des législatives de 1902, ses positions renforcées à AVION, il n’en est pas de même ailleurs où le P.O.F. enregistre un échec.
Section communiste du PCF Avion

Alain BOCQUET dépose une proposition de loi visant à affecter
les dividendes des entreprises à la garantie de l’intégralité
des salaires des salariés subissant des périodes de chômage partiel.
Pour soutenir le projet de loi d'Alain Bocquet

