Dépôt de machines et atelier de réparations s’installent sur le territoire d’AVION et de MERICOURT. Deux grandes cités abriteront jusqu’à 800 familles cheminotes. Elles s’étendent sur trois villes : AVION et MERICOURT pour la plus grande partie et SALLAUMINES pour une soixantaine de maisons. D’autres industries ne tarderont pas à se développer et à prospérer : le lavoir, les fours à coke de LIEVIN, la centrale thermique d’ELEU-dit-LEAUWETTE, la corderie de LENS (aujourd’hui L.T.C.L.). Ce sont aussi les ateliers centraux et bientôt les usines chimiques. Le Bassin Minier connaît, dès le début du XXe siècle, une importante progression démographique. AVION est, avant la révolution, un village de 850 habitants. Ils seront plus de 2 000 en 1892. Dès lors la population va croître au rythme de la progression de l’exploitation charbonnière. A la veille de la guerre 14-18, AVION compte près de 10 000 habitants (9 986). Le centre du village s’est élargi. Des cités voient le jour, en particulier près de la fosse 4, mais aussi près de la fosse 5, en bordure de « La Glissoire ». La cité Montgré, du Chemin de Fer du Nord, est également construite avant la guerre 14-18. C’est dans ce cadre et ce développement impétueux de l’économie que va naître et se développer un mouvement ouvrier qui marque encore les temps présents de son empreinte.

AVION, pas plus que les autres localités du Bassin Minier, n’a guère de traditions populaires et révolutionnaires. Bien sûr la lutte des classes y a sévi avant même la découverte du charbon. La fertilité du terrain a contribué à l’installation d’une agriculture dont la concentration s’est accrue après la révolution. Les gros cultivateurs, ROHART, qui a été maire d’AVION en 1848, LEJOSNE, LEROY cultivent de nombreux hectares. Plus tard, en 1871, le célèbre cultivateur de LENS, DECROMBECQUE, proclamé en 1867 « le premier cultivateur du monde » s’installe à AVION. Il y crée une ferme moderne, annexe de celle de LENS, et y cultive une cinquantaine d’hectares sur lesquels se lèvent de riches moissons, moitié betteraves, moitié blé. Parallèlement à ces importantes exploitations agricoles naissent des industries que l’on appellerait aujourd’hui agro-alimentaires. Trois sucreries sont construites : l’une, par Monsieur PIERRON, située à côté de son château, est une installation moderne ; l’autre, située sur la R.N. 25, sera transformée en distillerie et plus tard en brasserie. Elle ne sera pas reconstruite après la guerre 14-18. Une autre brasserie-malterie, appartenant à Monsieur COURTIN a poursuivi son activité jusqu’aux années 1950. Agriculture, industries agro-alimentaires, brasseries fournissent de l’emploi à de nombreux ouvriers. Un bon ouvrier de ferme gagne, en 1899, 30 F par mois ; le lard vaut 1 F la livre, le beurre 2,40 F le kg, la bière 0,20 F le litre, le pain 0,30 F le kg ; aussi les ouvriers, astreints à de longues journées de travail, sont ils conscients de subir l’exploitation des PIERON et autres DECROMBECQUE dont la richesse s’accroît d’année en année. Avant la découverte du charbon, existe-t-il dans cette région un véritable mouvement ouvrier ? Tout au plus l’existence bien réelle de classes sociales antagonistes a-t-elle forgée un réflexe, un instinct de classe chez les travailleurs exploités et les petits paysans déjà victimes de l’accaparement des terres par les gros cultivateurs. La concentration ouvrière, les luttes menées ensemble vont progressivement transformer cet instinct en conscience d’avoir la même cause à défendre.

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Section communiste du PCF Avion