jeudi 9 juillet 2009, 10:50
Léandre Létoquart Raconte (3) Préface de Joseph Legrand
Préface :
Depuis des années, Léandre LETOQUART souhaitait disposer du temps nécessaire pour fouiller les archives du département et celles de la ville d’AVION, afin de reconstituer l’histoire de près d’un siècle de vie avionnaise. Il a pu enfin réaliser ce vœu. Il a consulté de nombreux documents. Puis, il a fallu les situer les uns par rapport aux autres, en tentant de donner un sens à l’ensemble. Travail éminemment difficile si l’on considère que nombre d’archives ont été détruites à la suite des deux guerres particulièrement meurtrières. De plus, les documents plus récents, selon leur origine, sont parfois et forcément contradictoires. C’est vrai des rapports de police et de ceux des compagnies minières, rédigés sous l’occupation allemande, qui constituent cependant l’essentiel des archives. Ces rapports font le constat d’une action ou d’une situation. Bien entendu, ils n’expliquent pas –et pour cause- les raisons, les motivations qui conduisirent le résistant à s’engager dans la guerre de l’ombre. Il en est de même des rapports fournis à l’occasion des nombreuses grèves qui émaillèrent ce siècle d’émancipation ouvrière. Léandre LETOQUART, qui n’est pas un historien, a surmonté ces écueils en utilisant avant qu’elle ne soit tarie, une source de renseignements non négligeable : le témoignage. Il l’a fait notamment pour évoquer la période de la résistance à AVION, car une des exigences élémentaires de la lutte clandestine est de ne laisser aucune trace. Est-ce ma formation de syndicaliste ? Toujours est-il qu’au fil des pages de cette passionnante histoire d’AVION, je me suis plus particulièrement arrêté sur celles que Léandre LETOQUART consacre à la réaction des mineurs au lendemain de la terrible catastrophe de COURRIERES en 1906. En effet, je considère que le plus cruel des martyrologues ouvriers a marqué un moment décisif, une sorte de tournant dans l’éveil de la conscience des travailleurs de la région. A la suite de cette catastrophe, les mineurs en deuil, accusent les barons de la mine. Ils dénoncent les dangers et les misères de leur métier. Cette légitime colère se traduit par une grève qui concerne l’ensemble du bassin du Nord-Pas-de-Calais. Elle durera 52 jours. Cette année-là, dans toute la France, le 1er mai revêt une ampleur exceptionnelle. Il est placé sous le signe de la journée de huit heures et du droit à la retraite pour les ouvriers. Depuis lors, par une lutte implacable, sans merci et parfois tragique, la classe ouvrière prolonge et amplifie l’effort de libération humaine, tout en apportant une contribution décisive aux avancées de la société. D’une plume alerte, étayée d’une solide documentation, Léandre LETOQUART fait revivre les images d’hommes au travail dans la mine, de militants politiques et syndicalistes qui ne s’en laissent pas compter, d’authentiques résistants, de femmes dont on ne dira jamais assez le rôle qu’elles jouèrent durant les grèves, pendant la guerre, au sein de la vie municipale. C’est aussi la lutte des ouvriers les plus conscients, contre le réformisme, contre les syndicats et partis toujours enclins au compromis et à la collaboration de classe. A travers cette fresque de l’histoire du siècle, qui déborde souvent les limites territoriales d’AVION, c’est le cœur du mouvement ouvrier de toute une région, que Léandre LETOQUART parvient à faire battre. Ce faisant, il a voulu à la fois témoigner son attachement à une ville qu’il administra et transforma pendant trente ans, et exprimer sa foi dans l’avenir de la région.
Joseph LEGRAND Ancien Député du Pas-de-Calais

La vie de Joseph Legrand
Joseph Legrand est né le 2 juillet 1909 à Carvin. Son père était un ouvrier mineur anarcho-syndicaliste du « jeune syndicat » de Benoît Broutchoux ; militant passionné, il fut licencié dix-sept fois pour « action révolutionnaire » avant de mourir accidentellement à la fosse des mines d'Ostricourt à Carvin.
Le jeune Joseph, après avoir obtenu son Certificat d'études, travailla quelques mois comme ouvrier dans le textile, puis se présenta à la fosse 4 d'Ostricourt pour se faire embaucher comme ouvrier mineur. La direction ayant refusé de l'engager en raison des antécédents militants de son père, il dut essayer plusieurs emplois avant d'être embauché aux mines de Lens où il travailla au montage des appareils de chauffement de bois, puis au chemin de fer de la Compagnie minière. Adhérent du syndicat CGTU des mineurs, il devint le responsable de la Fédération de Lens-Meurchin en 1935.
Membre des Jeunesses communistes dès 1928, il devint dans les années trente, secrétaire de la cellule puis de la section locale du Parti communiste de Carvin. 1939 fut une année charnière dans la carrière militante de Joseph Legrand : licencié des mines de Lens à la suite d'un article paru dans l'Enchaîné, il fut élu secrétaire de la Fédération du Pas-de-Calais du syndicat CGT des mineurs. Il siégeait depuis 1937 au Bureau régional du PC comme membre suppléant.
Mobilisé lors de la déclaration de guerre, il partit pour le front et fut fait prisonnier à Nancy en mai 1940. Interné dans un kommando de la région de Brandebourg en Allemagne, Legrand s'en évada en 1944 et parvint à rejoindre les troupes soviétiques.
Dès son retour en France, il reprit ses activités politiques et syndicales, devenant l'une des figures de proue du PC et de la CGT dans le Pas-de-Calais. Secrétaire du syndicat des mineurs du Pas-de-Calais en 1945, secrétaire de la Fédération nationale des mineurs de 1946 à 1948, il devint, en 1947, secrétaire général adjoint de la Fédération régionale des mineurs du Nord et du Pas-de-Calais. Joseph Legrand abandonna cette fonction en 1948 pour prendre la direction de la Fédération communiste du Pas-de-Calais. En 1951, il cumulait responsabilités politiques et syndicales : membre du bureau de la Fédération communiste du Pas-de-Calais et secrétaire de l'Union départementale CGT du Pas-de-Calais (1953).
Mais, membre suppléant du Comité central du PC depuis 1947, Joseph Legrand en fut écarté en 1951 avant d'être réhabilité au début des années 1970.
Conseiller général de 1973 à 1979, député de la 14ème circonscription du Pas-de-Calais depuis 1973 (réélu en 1978 il perdit son siège en 1986), il fut élu maire de Carvin en 1977.
Joseph Legrand est décédé le 25 novembre 1998.
D'après le Dictionnaire Biographique du Mouvement Ouvrier Français (1789-1939)
Carvin Du 4 au 14 juillet salle des Plantigeons, 9h-12h et 14h-18h
expo photos de l'association Les Amis de la Fosse 4 pour le centenaire de Joseph Legrand (maire, député, conseiller général de Carvin). Retrouver aussi un article sur le site PCF Carvin
Section Communiste du PCF Avion

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Pour soutenir le projet de loi d'Alain Bocquet

