C'est ensuite à Alain Bruneel de prendre la parole pour défendre le bilan du groupe communiste et Républicain sur le mandat qui s'achève et d'expliquer dans quel état d'esprit la liste "l'humain d'abord" envisage le scrutin à venir. Des mots rassurants, optimistes et volontairement tatillons concernant le positionnement des élus socialistes de la Région pas toujours à la pointe de la résistance face à la vague libérale des eaux troubles du palais de l'Elysée. Les orateurs se succèderont ensuite. Marc Dolez, Nicole Taquet, Laurence Sauvage et bien entendu Jacky Hénin, qui, à la tribune et avec la fougue qu'on lui connait, a clôturé son propos sous une pluie d'applaudissements de centaines de camarades remontés à bloc.

C'est enfin au tour d'Alain Bocquet de s'avancer vers le pupitre, de sortir ses quelques notes, de regarder la salle et de se lancer à l'eau. La méthode Bocquet est de retour. Un propos nourrit de nombreux chiffres et de brèves journalistiques issues de canards aussi différents que Le Monde, les échos, le Figaro, Challenge....Les meilleurs arguments pour dénoncer le capitalisme libéralisé et ses manœuvres ostentatoires résident dans les pages des journaux et autres revues de droite. Le début est toujours un peu difficile. Les nombreux chiffres et la technicité du propos nous obligent à écouter avec sagesse pour ne rien manquer de chaque déroulé d'un raisonnement. Et puis d'un coup c'est l'évidence: les messages politiques fusent les uns après les autres, tout cela dans une mécanique minutieusement huilée faite de cynisme, d'expressions dont lui seul à le secret et de philosophie marxiste.

Mais si Bocquet était un de ces contestataires sans substance, il n'aurait sans doute pas la réputation qu'on lui connait. Après avoir expliqué, détaillé et désacralisé les mythes les plus improbables de la droite au pouvoir et du système capitaliste financiarisé en général tel le mensonge sur les retraites, il enchaîne sur une offre politique cohérente et foncièrement novatrice. Ce qui est plaisant pour un militant communiste, c'est de voir la transformation entre une idée générale qui est une des bases de notre engagement au PCF, et une proposition politique tout a fait réaliste et pragmatique. C'est ce qu'on peut appeler familièrement la méthode Bocquet.

Après un long mais passionnant discours, l'Internationale fait lever la salle et les poings une dernière fois. Puis c'est au tour de La Marseillaise de retentir. La grande famille communiste héritière des mineurs et des salariés du rail, de la sidérurgie et du textile était donc rassemblée, unie et fortement mobilisée en cette soirée de 4 février 2010. L'essai doit maintenant être transformé et de longues semaines de mobilisation de terrain nous attendent encore pour faire en sorte qu'un maximum d'élus de la liste "l'humain d'abord" puissent siéger au Conseil Régional et ainsi faire retentir au cœur de l'hémicycle régional la voix du monde du travail, de la création et de la culture.